Il est bien connu et reconnu que le peuple genevois a tendance à développer quelques inimitiés envers les Savoyards et Hauts savoyards.
Mes débuts au sein d’une entreprise Suisse vont certainement m’amener à vous conter quelques anecdotes que nous pourrons qualifier de …. Hé bien… disons : tout simplement helvétique. Et j’ai l’honneur d’ouvrir le bal avec notre première anecdote Helvète !
Etant donné que je vais devoir travailler à Genève, il me semble pertinent de vouloir ouvrir un compte bancaire en Suisse. Je me présente donc dans l’une de ses fameuses banques du Canton de Genève. Taratata, n’insistez pas ! Je ne vous ne citerai pas son nom.

- Banque 1 : « Bonjour Madame ! C’est pourquoi ?»
- L’italo-française : « Bonjour ! Je souhaite ouvrir un compte courant. »
- Banque 1 : « oui instant svp, je vous annonce au responsable d’agence. »
- Banque 2 : « Bonjour madame, bienvenue dans notre banque. Vous souhaitez donc ouvrir un compte chez nous ? ! Avez – vous des documents ?
- I-F : “oui, j’ai passeport, attestation de domicile, impôts sur le revenu, contrat de travail, livret de famille international, quittance EDF. Tout est là !
- Banque 2 : « Parfait ! Vous avez vraiment pensé tout. Nous allons pouvoir faire le nécessaire très vite… (silence pendant qu’il regarde les documents)
Ahh… Mais c’est un passeport ITALIEN ! Ahh… Et…Vous avez une résidence en France !!!!
Le monsieur devient soudainement moins aimable…
- Banque 2 : « Mais… C’est que l’on ne peut pas ouvrir un compte comme ça… Il manque … (Il manque ?! Tient tient… Comme c’est étrange que manque-t-il donc ?) Le permis frontalier !
Imaginez une huître bien grande ouverte contenant une perle. Vous tentez de saisir la perle. Et soudainement, CLAAAP ! L’huître se referme sur vos doigts… !
En ressortant de la banque, notre très érudit banquière 1 dit tout bas (et toute évidence pas suffisamment bas) : forcément, ELLE se présente la veille de l’escalade, ça réveille des inimitiés contre les Fançais… La perche étant si bien tendue, je m’empresse de la saisir et lui répond : « les envahisseurs du pays genevois en 1602 n’étaient pas français ! Si vous ne connaissez pas l’histoire de votre propre pays, vous êtes priée de vous abstenir ! »
Pour de plus amples explications : L’escalade est une fête Genevoise commémorative qui a lieu chaque année. Le 12 décembre 1602, une troupe, sous les ordres du Duc de Savoie Charles-Emmanuel, s’approche de Genève. Et, ont pour mission de s’emparer de la petite république et rétablir le catholicisme. Mme Royaume, se leva pour le pipi de la nuit et vit par la fenêtre l’envahisseur escalader la muraille. Elle empoigna son chaudron et jeta la soupe chaude sur les envahisseurs envoyés en éclaireurs. L’alerte et donnée…Genève est sauvée !
Mais selon l’histoire :

Charles-Emmanuel Ier de Savoie, dit le Grand, mort à Savigliano, fut duc de Savoie et prince de Piémont de 1580 à 1630. Il était fils de Emmanuel-Philibert, duc de Savoie et prince de Piémont. Allié à l’Espagne par son mariage, il profita des guerres de religion pour s’emparer du marquisat de Saluces (1588). Il envahit de nombreuses fois le Dauphiné et poussa même jusqu’à Fréjus en 1590…Henri IV, après avoir envahi la Savoie et le Piémont, se fit céder le Bugey, le Valromey et le pays de Gex par le traité de Lyon en 1601. Le marquisat de Saluces devient définitivement une possession de la Maison de Savoie.
Depuis chaque année, les genevois protestants fête la victoire contre le catholicisme des Français. Les habitants s’habillent en costumes d’époque, avec fifres, tambourins et feu de joie devant la cathédrale. Ils mangent des marmites en chocolat, et crient : « Ainsi périssent les ennemis de la République !»
Sauf que l’envahisseur de l’époque n’était pas français mais, italien, aidé des alliés espagnols… Voilà un bel exemple de mémoire collective faussée !! Et surtout une mauvaise raison pour les genevois de tant détester les Français. 